Version mobile

 

logo-histoire-de-guerre

1792 La canonnade de Valmy


Nul n'a mieux dépeint la bataille de Valmy que Charles Malo dans son ouvrage Champs de bataille de France : "Valmy..., c'est Valmy ! c'est-à-dire une journée qui retentira dans l'histoire à l'égal des plus célèbres rencontres ; une victoire qui est presque exclusivement une victoire morale et qui n'offre, au point de vue tactique, qu'un intérêt des plus minces, mais dont la portée a été néanmoins si grande et le résultat si extraordinaire, qu'aucune autre peut-être, dans les temps modernes, n'a été plus fertile en conséquences militaires aussi bien que politiques".

Le 20 septembre 1792, les meilleurs soldats de l'Europe s'arrêtèrent, comme interdits, devant des bandes mal armées, mal équipées, peu instruites dans l'art de la guerre et peu disciplinées, mais qui avaient si fière mine en criant Vive la Nation ! que chaque Prussien présent sur ce champ de bataille se sentait véritablement en face d'une force jusque-là inconnue et irrésistible, ce qui a pu faire dire à Goethe : "De ce lieu et de ce jour date une ère nouvelle dans l'histoire du monde".

Et Charles Malo de conclure : "Oui, il fallait qu'elle fût bien enthousiaste et bien terrifiante, l'attitude de cette masse "électrisée" par Kellermann et, à son exemple, agitant furieusement ses grands chapeaux à la pointe des sabres et des baïonnettes, pour qu'après un échange, en somme nullement décisif de coups de canon, les ennemis s'avouassent vaincus et regagnassent piteusement les positions d'où ils étaient descendus, l'instant d'avant, avec un si ferme espoir de vaincre. Une démonstration menaçante des troupes françaises a suffi pour que les armées allemandes, clouées sur place, démoralisées, ne songent plus qu'à repasser la frontière au plus vite. Le prestige de la supériorité militaire qu'elles possédaient sans conteste depuis un siècle, en un clin d'œil s'est évanoui, ou plutôt a passé tout entier à cette jeune armée qui, la veille, s'ignorait elle-même, qui ne savait pas trop si elle devait "fuir en avant" ou en arrière, et qui demain tiendra fièrement tête à toute l'Europe, en attendant qu'elle l'envahisse et la subjugue à son tour."

Partager sur :

Réagissez

Rechercher un document sur le site