Version mobile

 

logo-histoire-de-guerre

1356 Le désastre de Poitiers


À l'avènement du roi de France Jean le Bon, la guerre de Cent Ans, qui avait connu une trêve après la bataille de Crécy, reprit de plus belle. Le fils du roi d'Angleterre Édouard III, le prince de Galles, dit le Prince Noir à cause de la couleur de son armure, avait décidé d'appuyer l'insurrection de Charles le Mauvais en Normandie. Parti de l'Aquitaine au mois d'août 1356, à la tête d'une armée de quinze mille hommes, il avait traversé, et dévasté, le Périgord, le Quercy, l'Auvergne, le Limousin, le Berry. Jean le Bon décida d'aller à sa rencontre. Les deux armées se retrouvèrent face à face près de Poitiers.

Dans l'armée anglaise, le Prince Noir commandait en personne le corps de bataille, l'avant-garde était aux ordres des comtes de Warwick et de Suffolk, l'arrière-garde aux ordres des comtes de Salisbury et d'Oxford. L'armée française se composait de trois corps à pied, commandés respectivement par le duc de Normandie, fils aîné du roi Jean, le duc d'Orléans, frère du roi, et le roi en personne, et d'un corps à cheval aux ordres du connétable Gautier de Brienne, duc d'Athènes. Les Français disposaient ainsi de plus de quarante mille hommes.

Le dimanche 18 septembre, deux légats du pape Innocent VI, les cardinaux de Talleyrand et Capoccio, tentèrent de s'interposer pour éviter la bataille : tâche bien trop ardue car le roi de France exigeait, non seulement la restitution des territoires occupés par les Anglais, mais en outre que le prince Noir se livrât en otage avec cent de ses chevaliers. Le fils d'Édouard III répondit évidemment qu'on ne le prendrait, lui et ses hommes, que les armes à la main. La bataille commença donc le 19 septembre 1356 à six heures du matin. À midi, la défaite des Français était consommée. Onze mille d'entre eux furent mis hors de combat, deux mille, dont le roi, furent faits prisonniers. Les Anglais n'avaient perdu que trois mille quatre cents hommes.

Après ce succès, le Prince Noir reprit le chemin de la Guyenne, emmenant avec lui le roi Jean qui passa tout l'hiver à Bordeaux et qui fut ensuite conduit en Angleterre. La France tomba alors dans l'anarchie et la guerre civile. Des paysans s'insurgèrent et leur jacquerie fut noyée dans le sang. En 1359, Jean le Bon, las de son état de prisonnier, finit par conclure avec Édouard III un traité pour le moins honteux : la France devait verser une rançon de quatre millions d'écus d'or et cédait au roi d'Angleterre la moitié occidentale du pays, toute sa région maritime, tous ses ports. Le Dauphin, régent pendant la captivité de son père, refusa heureusement de ratifier ce traité. Les Français concernés s'enfermèrent dans leurs places avec force provisions. Les Anglais, las de tous ces sièges à répétition, finirent par signer un autre traité, celui dit de Brétigny : la France n'abandonnait que le sud de la Loire et ne versait plus que trois millions de rançon. La guerre de Cent Ans pouvait continuer.

Partager sur :

Réagissez

Rechercher un document sur le site