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VERDUN


VERDUN. Ville du département français de la Meuse, sur la Meuse. En décidant une grande offensive sur Verdun en 1916, Erich von Falkenhayn avait pour but de forcer les Français à employer le maximum de moyens pour la défense du camp retranché (selon ses prévisions, les pertes allemandes n’atteindraient que 40 % des pertes françaises). L’attaque, sous le commandement du Kronprinz Frédéric-Guillaume, fils aîné de l’empereur Guillaume II, débuta le 21 février. Les Allemands conquirent ce jour-là le bois des Caures (quatre régiments allemands, soutenus par un puissant bombardement d’artillerie, anéantirent les 1 200 hommes des 56e et 59e chasseurs français et leur chef, le colonel Émile-Cyprien Driant). Douaumont tomba le 25, Cumières en mars, Vaux le 31 mars, le Mort-Homme et la cote 304 le 24 mai, Thiaumont et Fleury-devant-Douaumont le 24 juin. Le fort de Vaux, à huit kilomètres de Verdun, fut pris le 9 juin, après trois mois de combats. Le général français Joseph-Jacques-Césaire Joffre, futur maréchal, comprenant les intentions de Falkenhayn, sut limiter les effectifs de la défense. Les Allemands échouèrent les 9 et 10 avril lors d’une attaque générale et le 24 juin à Souville. À cette date, ils commencèrent à réduire leurs forces devant l’imminence de la réplique française (bataille de la Somme). Le sort de la bataille était alors joué, entraînant la démission de Falkenhayn. Le général français Charles Mangin reconquit Douaumont le 24 octobre, le fort de Vaux le 2 novembre, Bezonvaux et Vacherauville le 15 décembre. Le général Louis Guillaumat, à la tête de la IIe armée, acheva la reconquête en 1917. Gigantesque bataille d’artillerie, mais aussi de sacrifices individuels, “l’enfer de Verdun” coûta 360 000 hommes aux Français et 335 000 aux Allemands. Parmi les multiples illustrations de cet enfer figure la “tranchée des baïonnettes” : dans cette tranchée, située à l’ouest du fort de Douaumont, ses défenseurs, appartenant au 1er bataillon du 137e d’infanterie, furent complètement ensevelis, le 11 juin 1916, par un bombardement allemand d’obus de 150 et de 210, seules leurs baïonnettes émergeant du sol. Pendant la bataille, la seule route de ravitaillement des Français, joignant Bar-le-Duc à Verdun par Rosnes et Souilly, fut appelée la “Voie sacrée” (par laquelle furent transportés, de mars à mai 1916, 600 000 tonnes de matériel, 413 000 hommes et plus de 240 000 blessés). Le général Joseph-Édouard-Aimé Doumenc fut l’organisateur des transports routiers. Lors de cette bataille de 1916, les conseils du général Édouard de Curières de Castelnau permirent aux Français de conserver la rive droite de la Meuse. Charles de Gaulle fut fait prisonnier à Douaumont. Le général français Maurice Balfourier se distingua à la tête du 20e corps. Le général Jean-Baptiste Marchand, le héros de Fachoda, commandait une division. L’action personnelle du général Philippe Pétain, futur maréchal de France, fut décisive. Pétain avait installé son quartier général, en février 1916, à Souilly. Le capitaine de vaisseau Gaston-Raoul-Marie Grandclément, futur vice-amiral, se distingua brillamment au début de la bataille et fut blessé le 29 février 1916. Le général Georges-Robert Nivelle commandait le IIIe corps puis, à partir de mai 1916, la IIe armée.

L’ossuaire de Douaumont, monument érigé de 1920 à 1932 à la mémoire des soldats français tombés à Verdun, contient les ossements mêlés de morts anonymes trouvés dans tous les secteurs du champ de bataille.

Bibliographie :

  • Georges Blond, La Marne ; Verdun, Presses de la Cité, 1994 ;
  • Claude Carlier et Guy Pedroncini, La bataille de Verdun, Économica, 1997 ;
  • Général Passaga, Verdun dans la tourmente, 1932 ;
  • Sous Verdun, texte de l'écrivain français Maurice Genevoix, 1er volume de "Ceux de Quatorze", 1916 ;
  • Verdun, roman de Jules Romains paru en 1938 (tome XVI des "Hommes de bonne volonté") ;
  • Jacques-Henri Lefebvre, Verdun : la plus grande bataille de l'histoire racontée par les survivants, Éditions des Riaux, 2005 ;
  • Marche au sacrifice, poème, inspiré par la bataille de Verdun, du poète et auteur dramatique allemand Fritz von Unruch.
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