Histoire de guerre https://www.histoire-de-guerre.net Mon, 20 Aug 2018 18:45:37 +0200 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr BAYARD https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/578-bayard https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/578-bayard BAYARD

BAYARD (Pierre du Terrail, seigneur de) « le Chevalier sans peur et sans reproche ». Gentilhomme français (château de Bayard, près de Grenoble, Isère vers 1475 – sur les bords de la Sesia, Italie 1524). Il se distingua dès l’âge de vingt ans à la bataille de Fornoue (6 juillet 1495), en Émilie-Romagne (province de Parme), qui vit la victoire du roi de France Charles VIII sur l’avant-garde de la coalition formée par Venise, Milan, Maximilien Ier d’Autriche, Ferdinand d’Aragon le Catholique et le pape Alexandre VI. Il contribua, sous Louis XII, à la conquête du Milanais. Lors de la bataille de Garigliano (fleuve d’Italie centrale, au sud de Gaète) où les Espagnols de Ferdinand le Catholique, commandés par Gonzalve de Cordoue (Gonzalo Fernández de Córdoba, el Gran Capitan), vainquirent les Français du roi Louis XII, commandés par le comte de Saluces, le 28 décembre 1503, Bayard s’illustra en défendant le pont du Garigliano contre 200 Espagnols. Il battit les Vénitiens à Agnadel, en Lombardie (au nord-est de Lodi et au sud de Treviglio), en présence de Louis XII, le 14 mai 1509. Il fut blessé au siège de Brescia, en 1512. Il se signala à Ravenne, le 11 avril 1512, lorsque les Français battirent l’armée hispano-papale de la Sainte Ligue, commandée par Ramón de Cardone, vice-roi de Naples. Le 16 août 1513, les troupes d’Henri VIII d’Angleterre et de l’empereur d’Allemagne Maximilien Ier battirent les Français à Enguinenatte (anciennement Guinegatte), dans le Pas-de-Calais, près de Saint-Omer ; Bayard fut fait prisonnier. Bientôt relâché, il accompagna François Ier en Italie. Il prit une part décisive à la victoire de Marignan, les 13 et 14 septembre 1515, où François Ier vainquit les Suisses au service du duc de Milan Massimiliano Sforza. Au soir de la bataille, Bayard arma François Ier chevalier. Il fut mortellement blessé en couvrant la retraite au passage de la Sesia à Romagnano, en 1524. Bayard exigea qu’on le plaçât en face de l’ennemi, ne voulant pas lui tourner le dos pour la première fois.

Iconographie

  • Bayard défendant le pont du Garigliano, tableau de Charles de Larivière (musée de Versailles).
  • Statue de Bayard à Mézières.
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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les soldats Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200
ABD EL-KADER https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/56-abd-el-kader https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/56-abd-el-kader ABD EL-KADER

ABD EL-KADER. Émir arabe d’Algérie (Mascara, Algérie 1807 – Damas 1883). La conquête de l’Algérie par les Français transforma ce théologien en guerrier. Proclamé sultan par les tribus de l’Oranie le 22 novembre 1832, il imposa son autorité aux anciennes milices du bey et mena pendant quinze années la guerre sainte contre les Français. Ces derniers l’avaient pourtant aidé à asseoir son autorité sur la plus grande partie de l’Algérie en vue d’établir un protectorat. Abd el-Kader organisa alors un État arabe fondé sur l’Islam, recrutant ses dirigeants dans l’autocratie religieuse et entraînant par là-même une opposition de la noblesse militaire et des tribus berbères. Il constitua cependant une armée de 10 000 hommes et fit construire des places fortes. Le 28 juin 1835, à la tête de plusieurs milliers de cavaliers, Abd el-Kader battit les 2 500 hommes du général Trézel sur les bords de La Macta, près de Mostaganem. Ce fut ensuite la défaite de La Sikkah : le 6 juillet 1836, le général Bugeaud battait Abd el-Kader sur les bords de cette rivière de l’Algérie occidentale. En novembre 1839, l’armée d’Abd el-Kader envahissait la plaine de la Mitidja, recommençant ainsi la guerre contre les Français. Ceux-ci gagnèrent alors la bataille de Chiffa le 31 décembre 1839. Après la prise de sa smala par le duc d'Aumale, 4e fils du roi Louis-Philippe Ier, en mai 1843, Abd el-Kader fut contraint de se réfugier au Maroc. Il parvint alors à entraîner le sultan du Maroc dans la guerre. Battu sur les rives de l'Isly le 14 août 1844, ce dernier dut alors chasser son protégé du Maroc. Quelques mois plus tard, Abd el-Kader, profitant de nouveaux mouvements insurrectionnels, reprenait pourtant la lutte. En 1845, pendant trois jours, du 23 au 25 septembre, une colonne de chasseurs français, sous le commandement du lieutenant-colonel Lucien de Montagnac, fut aux prises avec près de 3 000 cavaliers de l’émir. Le marabout dit de Sidi Brahim, du nom d’un bourg situé à l’ouest de Tlemcen, près de la frontière marocaine, servit de refuge aux soixante-dix-neuf Français rescapés. Seuls douze d’entre eux survécurent. Finalement traqué, l’émir alla de nouveau se réfugier au Maroc dont il fut encore chassé après avoir tenté de renverser le sultan. Il se rendit alors aux Français, le 23 décembre 1847. Fait prisonnier et interné en France, il sera libéré par Napoléon III le 16 octobre 1852. Abd el-Kader, retiré en Turquie, puis à Damas, termina sa vie comme il l’avait commencée, dans l’étude et la méditation religieuses. En 1860, il intervint en faveur des chrétiens lors des massacres de Syrie, ce qui lui valut d'être décoré de la Légion d'honneur par Napoléon III.

IconographieLa Reddition d'Abd el-Kader le 23 décembre 1847 (tableau d'A. Régis, musée Condé, Chantilly)

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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les soldats Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200
VERCINGÉTORIX https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4471-vercingetorix https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4471-vercingetorix VERCINGÉTORIX

VERCINGÉTORIX. Chef gaulois (en pays arverne, aujourd’hui Auvergne vers 72 av. J.-C. – Rome 46 av. J.-C.). Il regroupa les Arvernes contre les Romains lors de la révolte gauloise de 52 av. J.-C. Il vainquit les Romains de Jules César à Gergovie, près de Clermont-Ferrand, au printemps 52 av. J.-C. Quarante-six centurions restèrent sur le champ de bataille. À Alésia (ancienne place forte de la Gaule que les historiens s’accordent généralement à situer à Alise-Sainte-Reine, sur le mont Auxois, dans le département français de la Côte-d’Or), Jules César et le chevalier Titus Labienus vainquirent une armée gauloise de 240 000 fantassins et 8 000 cavaliers, commandée par Commius (ou Komm) l’Atrébate, les Éduens Éporédorix et Virdumar et l’Arverne Vergasillaun, venue au secours de Vercingétorix et de ses 80 000 hommes enfermés dans la place forte en 52 av. J.-C. César disposait de dix légions, d’une cavalerie estimée, par Appien d’Alexandrie, à 10 000 hommes et de troupes auxiliaires, soit au total de 80 000 hommes. Commius, à la tête de 180 000 hommes, se distingua par son inaction et ne tenta rien pour faire diversion. Vercingétorix dut se rendre ; captif à Rome, il fut exécuté sept ans plus tard. Ses soldats furent vendus comme esclaves. La chute d’Alésia entraîna la soumission des Arvernes et des Éduens et marqua en fait la fin de la conquête de la Gaule par les Romains.

Bibliographie : Serge Lewuillon, Vercingétorix ou le mirage d'Alésia, Éditions Complexes, 1999.

Iconographie

  • statue de Vercingétorix par Aimé Millet (plateau d'Alise-Sainte-Reine) ;
  • statue équestre de Vercingétorix par Bartholdi (Clermont-Ferrand).
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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les soldats Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200
SECONDE GUERRE MONDIALE https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4040-seconde-guerre-mondiale https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4040-seconde-guerre-mondiale SECONDE GUERRE MONDIALE

SECONDE GUERRE MONDIALE. Guerre qui débuta le 1er septembre 1939 et qui opposa, jusqu’au 2 septembre 1945, l’Allemagne, l’Italie et le Japon à la France, à la Grande-Bretagne, à l’URSS, aux Etats-Unis d’Amérique et à la Chine. Le 1er septembre 1939, les Allemands envahirent la Pologne. Le 3 septembre, la Grande-Bretagne et la France déclarèrent la guerre à l’Allemagne. Varsovie capitula le 26 septembre. Après une période où, à l’abri des lignes Maginot et Siegfried, s’installe ce que l’on a appelé la « drôle de guerre », curieuse attente seulement rompue par quelques escarmouches, les Allemands déclenchent, le 9 avril 1940, une offensive qui leur fait envahir le Danemark et la Norvège. Les Alliés répliquent le 13 mai en débarquant à Bjerkvik, en Norvège, sous le commandement du général français Béthouart. Ils s’emparent de Narvik le 28 mai avec l’aide de combattants norvégiens et d’un contingent polonais. Dès le 7 juin, ils évacuent cependant la Norvège en raison des événements militaires survenus en France. À partir du 10 mai, les opérations des Allemands se sont en effet étendues aux Pays-Bas, à la Belgique et au Luxembourg et les forces alliées ont dû se replier. Le 15 mai, entre Namur et Sedan, tout le système défensif français a été rompu. Le 27, les Belges ont déposé les armes. Les troupes françaises et britanniques, refluant de Belgique et cernées, se regroupent à Dunkerque et, sous les bombardements, attendent l’heure de leur embarquement pour l’Angleterre. Le 10 juin, l’Italie déclare la guerre aux Alliés. Le 14 juin, les Allemands entrent à Paris. L’armistice avec l’Allemagne est signé le 22, avec l’Italie le 24.

Réfugié à Londres, le général de Gaulle lance son fameux appel du 18 juin. De nombreuses parties de l’empire colonial français répondent à cet appel : les Nouvelles-Hébrides, le Tchad, l’Afrique Occidentale française, le Cameroun, les établissements français d’Océanie, les comptoirs français de l’Inde décident de poursuivre la lutte. La Grande-Bretagne, isolée, refuse également toute négociation de paix. À partir du 10 juillet commence alors la bataille d’Angleterre où les Allemands harcèlent d’abord les convois maritimes et les ports de la Manche, puis, à partir du 13 août, bombardent les usines, les aérodromes et les voies de communication et, à partir du 6 septembre, les villes anglaises. Pendant ce temps, les Italiens attaquent, à partir du 14 août, la Somalie britannique. Le 28 octobre, ils pénètrent en Grèce.

En Libye, les Italiens sont confrontés aux Britanniques. Tobrouk tombe le 21 janvier 1941, Benghazi le 7 février. Les Allemands de l’Afrikakorps de Rommel viennent à l’aide des Italiens et refoulent les Alliés jusqu’à la frontière égyptienne. Par contre, les Britanniques s’emparent de l’Érythrée et délivrent l’Éthiopie entre avril et mai 1941.

Le 22 juin 1941, Hitler attaque l’URSS. L’offensive est foudroyante. Les Soviétiques reculent. Leningrad et Moscou ne tardent pas à être menacées. Dans le Pacifique, les Japonais, sans déclaration de guerre, attaquent, le 7 décembre 1941, la flotte américaine basée à Pearl Harbor. Cette attaque surprise entraîne l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique. Le conflit est désormais à l’échelle mondiale.

En Afrique, les Britanniques engagent une offensive le 23 octobre 1942. Le 22 janvier 1943, ils atteignent Tripoli. Le général Leclerc (Philippe-Marie de Hauteclocque), parti du Tchad le 19 décembre 1942, traverse le barrage du Tibesti, soumet au passage le Fezzan et rejoint le général Kœnig, le héros de Bir-Hakeim qui vient de prendre part à la bataille d’El-Alamein gagnée par Montgomery of Alamein sur Rommel entre le 23 octobre et le 4 novembre 1942. Le 8 novembre, les Américains et les Britanniques débarquent en Algérie et au Maroc. Rommel va se retrouver enfermé en Tunisie.

En Russie, l’Armée rouge parvient dans un premier temps à refouler les Allemands mais elle doit de nouveau reculer. La Crimée tombe aux mains des Allemands qui pénètrent dans le Caucase. Les Allemands piétinent par contre devant Stalingrad. En Extrême-Orient, les Japonais, qui se sont déjà emparés des Philippines, de la Malaisie, de Singapour, de la Birmanie et des Indes néerlandaises, menacent l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Américains vont réagir et leur infliger une série de cuisantes défaites aéro-navales pendant que le général MacArthur les battra sur terre, reconquérant un à un les territoires perdus.

Le 2 février 1943, les Russes stoppent définitivement les Allemands à la bataille de Stalingrad et font capituler la VIe armée de Paulus. En juillet 1943, ils chassent les Allemands du Caucase, de Kharkov, de Smolensk, de Briansk, de Kiev. Le 10 juillet 1943, les Britanniques et les Américains débarquent en Sicile. Mussolini ayant été renversé le 25 juillet, c’est le maréchal Badoglio qui est chargé de signer l’armistice le 3 septembre. En novembre, commencent les bombardements des aviations alliées sur les infrastructures et les usines allemandes.

En 1944, le siège de Leningrad est levé, la ville de Sébastopol délivrée. Les Russes font reculer les Allemands et pénètrent en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, en Bulgarie, en Hongrie. En octobre 1944, ils libèrent Belgrade. En Italie, où les Allemands se battent énergiquement, Rome est occupée le 4 juin, Sienne le 3 juillet, Florence le 11 août, Ravenne le 14 décembre. Les Britanniques débarquent en Grèce le 4 octobre et en chassent les Allemands. Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement de Normandie. Bayeux tombe le 8 juin, Cherbourg le 27. Le général Leclerc libère Paris le 25 août. Le 15 août a eu lieu le débarquement des Américains et des Français en Provence. Toulon est libérée le 27 août, Marseille le 28. À la mi-septembre, les armées du Midi font leur jonction avec les troupes américaines venues de Normandie. Les Alliés se ruent vers le Rhin. Leclerc et De Lattre de Tassigny participent à la libération de l’Alsace. Belfort, Metz, Mulhouse et Strasbourg tombent aux mains des Alliés, puis c’est le tour de la Belgique et du sud des Pays-Bas. Les Allemands tentent vainement une dernière offensive dans les Ardennes le 19 décembre. Ils se replient le 2 janvier 1945.

En 1945, les Soviétiques déclenchent, le 14 janvier, une grande offensive qui libérera Varsovie le 17, Cracovie le 19. Le 16 février, ils entrent à Budapest. Sur le front occidental, le Luxembourg est libéré en février. Les Alliés occupent Trèves, Cologne, Mayence, Francfort-sur-le-Main, Duisbourg. De Lattre de Tassigny occupe Baden le 29 février. Le 26 avril 1945, les Alliés font leur jonction avec l’Armée rouge à Torgau. Berlin tombera le 2 mai. Le même jour, les Allemands déposent les armes en Italie. Le 4 mai, toutes les forces allemandes du nord-ouest capitulent. Le 7 mai, est signée à Reims la capitulation générale des armées allemandes.

Le 1er avril 1945, les Alliés ont débarqué à Okinawa. Les troupes chinoise du maréchal Tchang Kaï-chek et les Anglo-Américains libèrent la Birmanie. Le 6 août 1945 est lâchée sur Hiroshima la 1ère bombe atomique ; trois jours après, une seconde bombe atomique est jetée sur Nagasaki. Les Russes, de leur côté, pénètrent en Mandchourie. Le Japon capitule le 15 août 1945.

Listes alphabétiques des principales batailles de la Seconde Guerre Mondiale :

Bibliographie : Sir Basil Liddell Hart, Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1969.

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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les guerres Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200
WATERLOO https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4562-waterloo https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4562-waterloo WATERLOO

WATERLOO. Commune de Belgique (Région wallonne), dans la province du Brabant wallon, à cinq kilomètres au nord du fameux champ de bataille. Victoire des Alliés, dirigés par Arthur Wellesley, 1er duc de Wellington, marquis de Douro, sur Napoléon Ier le 18 juin 1815. Ce jour-là, Napoléon y fut en effet défait par les Britanniques de Wellington et les Prussiens du feld-maréchal Gebhard Leberecht Blücher, prince Blücher von Wahlstatt, et du général Friedrich Wilhelm Bülow, comte Bülow von Dennewitz, commandant un corps d’armée, défaite qui provoqua sa chute et sa seconde abdication. Après avoir battu les Prussiens de Blücher à Ligny le 16 juin, il avait chargé le marquis Emmanuel de Grouchy, à la tête de la cavalerie de réserve de l’armée du Nord, de les poursuivre. Napoléon alla à la rencontre de Wellington (le 17 juin) que Blücher rejoignit le lendemain. À la tête de l’infanterie (Britanniques, Hanovriens, Hollandais, Belges), Wellington résista aux assauts de la cavalerie du général François-Étienne Kellermann, le fils du vainqueur de Valmy, futur pair de France. Le maréchal de France Michel Ney, duc d’Elchingen et prince de la Moskova, surnommé le Brave des braves, à la tête de la cavalerie et de l’infanterie, causa de graves pertes à l’ennemi. Finalement, après l’arrivée des Prussiens, l’Empereur engagea la vieille Garde contre Wellington ; elle fut décimée et recula en ordre. Elle attendait le secours de Grouchy mais ce furent Blücher et Bülow et leurs 60 000 Prussiens qui arrivèrent. Napoléon ordonna la retraite. Son quartier général se situait dans le hameau de Belle-Alliance, à quatre kilomètres de Waterloo.

Dans la bataille intervint de façon décisive le comte August Neidhardt von Gneisenau, feld-maréchal prussien. Une partie de la bataille se déroula sur le territoire de la commune belge de Braine-L’alleud : la butte du Lion de Waterloo est un site touristique très fréquenté (musées). Le vicomte Pierre-Jacques-Étienne Cambronne, major général de la Garde impériale commandant une division de la vieille Garde, fit partie du dernier carré de ses troupes ; entouré par des masses ennemies et sommé de se rendre, il aurait répondu, selon la tradition : “La Garde meurt et ne se rend pas”. D’après une version moins épique, il aurait adressé aux Anglais un mot de cinq lettres, le “mot de Cambronne”. Blessé, il fut emmené comme prisonnier en Angleterre. Le général et théoricien militaire prussien Karl von Clausewitz se distingua dans les rangs de l’armée russe. Participèrent également à la bataille de Waterloo (dite aussi du Mont-Saint-Jean) :

  • le général de brigade Jean-Baptiste Dommanget ;
  • le général de division François-Xavier Donzelot ;
  • le général de cavalerie Jacques-Charles Dubois, qui fut blessé ;
  • le lieutenant-colonel Auguste-Jean-Baptiste Duchand de Sancey, futur général d’artillerie ;
  • Nicolas-René Dufriche, baron Desgenettes (ou des Genettes), médecin militaire français ;
  • le lieutenant-colonel René-Jacques-Henri Delaporte, futur maréchal de camp, qui fut blessé à quatre reprises ;
  • le sous-lieutenant Phocion Eynard, futur général de brigade ;
  • le général de division Pierre-Joseph Habert qui fut grièvement blessé ;
  • le futur maréchal de camp Jean-Louis Baux, dit Lebeau ;
  • le comte Charles Lefebvre-Desnouettes, général de division commandant les chasseurs de la Garde impériale ;
  • le général de division Louis Lepic ;
  • le futur maréchal de France Jean-Baptiste-Philibert Vaillant ;
  • le général Honoré-Charles-Michel-Joseph Reille, futur pair et futur maréchal de France ;
  • le comte et général de division Louis Friant, commandant des grenadiers de la Garde, qui fut blessé grièvement ;
  • Auguste-Étienne Regnault, dit Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, futur maréchal de France, qui fut fait chef de bataillon après la bataille ;
  • le général de division François Roguet qui remplaça Friant après sa blessure ;
  • Camille Trézel, futur général de division, futur pair de France et futur ministre de la Guerre, qui perdit un œil et fut promu général de brigade ;
  • le général de division Amédée-Louis Despans de Cubières ;
  • le futur maréchal de France Jean-Baptiste Drouet d’Erlon ;
  • le général de division Guillaume Duhesme, qui, criblé de blessures alors qu’il commandait la jeune Garde, fut lâchement massacré par les Prussiens dans une ferme de Genappe ;
  • le futur roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg Guillaume II, qui commandait l’armée hollandaise ;
  • le comte de Lobau Georges Mouton, futur maréchal et futur pair de France, qui fut fait prisonnier ;
  • l’homme de guerre britannique Fitzroy James Henry Somerset, 1er baron Raglan, aide de camp de Wellington, futur maréchal, qui perdit un bras ;
  • le général prussien Dubislav Georg Ludwig von Pirch ;
  • Nicolas Jean de Dieu Soult, duc de Dalmatie et maréchal de l’Empire, qui fut probablement l’un des responsables du désastre de Waterloo par son ineptie dans la transmission des ordres ;
  • Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, ex-roi de Westphalie et futur maréchal de France, qui commandait une division et qui fut blessé ;
  • le baron Jean-Dominique Larrey, le célèbre chirurgien, qui fut fait prisonnier ; sur le point d’être fusillé, il fut reconnu par des officiers ennemis qu’il avait jadis soignés et fut libéré ;
  • le général de cavalerie Jean-Baptiste Corbineau, comte de l’Empire ;
  • le général Pierre-François-Joseph Durutte qui fut blessé au visage d’un coup de sabre et perdit la main droite ;
  • le général de division Maximilien-Sébastien Foy qui fut blessé ;
  • le général de division Claude-Étienne Guyot, baron de l’Empire, qui commandait la cavalerie de la Garde et qui fut blessé ;
  • le général Charles-Angélique-François Huchet, comte de La Bédoyère, qui resta un des derniers sur le champ de bataille ;
  • le général de brigade François-Antoine Lallemand, futur pair de France ;
  • le général Jean-Baptiste Breton, dit Berton ;
  • le futur maréchal de camp Jean-Baptiste-Fidèle Bréa ;
  • Le général Antoine Drouot, surnommé le “Sage de la Grande armée”, à la tête de l’artillerie de la Garde impériale ;
  • le baron Jean-Baptiste-Antoine Marcellin de Marbot, futur lieutenant général, qui se comporta héroïquement ;
  • le maréchal Édouard-Adolphe-Casimir Mortier, duc de Trévise, qui soutint mollement l’Empereur ;
  • le général Jean-Martin Petit, futur sénateur ;
  • le général de division Jean-Jacques Desvaux de Saint-Maurice, commandant l’artillerie de la Garde, qui fut tué tout près de Napoléon ;
  • le général anglais Thomas Picton qui fut blessé mortellement ;
  • le général Williams Pomsonby ;
  • le général David-Henri de Chassé qui commandait une division belge ;
  • le baron François-Nicolas-Benoît Haxo, général du génie, futur pair de France ;
  • le général Pierre Barrois qui fut blessé ;
  • le colonel Henri Baudrand, chef d’état-major du génie, futur lieutenant général ;
  • le colonel Louis Bro, futur maréchal de camp, qui fut grièvement blessé ;
  • Michel Combes, futur colonel ;
  • le comte Pierre-François-Auguste Dejean, général de brigade ;
  • le général Claude-Étienne Michel qui fut tué ;
  • le général de brigade Pierre-François Bauduin qui fut tué ;
  • le général du génie Simon Bernard, futur ministre de la Guerre ;
  • le général de division François-Gédéon Bailly de Monthyon, qui fut blessé ;
  • le général de division Joseph Boyer de Rebeval ;
  • le lieutenant Viala Charon, futur général de division, futur gouverneur général de l’Algérie ;
  • les généraux Henri-Gratien Bertrand, Gilbert-Désirée-Joseph Bachelu, qui fut blessé, Charles-Claude Jacquinot, Samuel-François Lhéritier de Chézelles, Jean-Simon Domon, Jacques-Gervais Subervie, futur ministre de la Guerre, Jacques-Antoine-Adrien Delort, Pierre Wathier-Saint-Alphonse, Charles-Alexis-Louis-Antoine Morand, Jean-Jacques-Germain Pelet, Paul-Jean-Baptiste Poret de Morvan, Charles-Auguste-Joseph de Flahaut, Gaspard Gourgaud, baron de l’Empire, futur lieutenant général, Jean-Hyacinthe-Sébastien Chartran ;
  • le général de division Pierre-David de Colbert, baron de l’Empire, qui fut blessé ;
  • le général de division Jean-Dominique Compans, futur pair de France, qui fut fait prisonnier ;
  • le général de division Philibert Curial.

Les coalisés eurent près de 40 000 hommes hors de combat. Lors de la bataille furent utilisées des fusées Congreve, du nom de leur inventeur, sir William Congreve, officier d’artillerie britannique. Après Waterloo, le roi Louis XVIII conféra à Wellington le titre de “marquis de Brunoy”.

La légende de Waterloo.- Trafalgar, la Bérézina, Waterloo, telles sont les trois grandes défaites françaises que le langage populaire associe aux catastrophes. Waterloo demeure pourtant en la matière la meilleure référence car elle est empreinte de ce sentiment d'injustice que l'on ressent quand le destin est plus fort que la logique : Napoléon aurait dû gagner la bataille de Waterloo. S'il n'en a pas été ainsi, c'est parce qu'une série d'incongruités du sort ont démoli à plaisir la belle mécanique qui devait conduire à la victoire. Ces incongruités, on peut en citer plusieurs dont aucune, prise isolément, ne fut à elle seule déterminante : ainsi la maladresse du maréchal Soult dans la transmission des ordres, ainsi l'incroyable négligence d'un Grouchy comme frappé d'amnésie. Waterloo est donc devenu un lieu légendaire : c'est la "morne plaine" de Victor Hugo, c'est le fameux mot de Cambronne, c'est le début de la fortune d'un certain Rotschild qui parvint à faire croire à Londres que Napoléon était vainqueur et qui put ainsi faire main basse sur la bourse des valeurs agonisante. Waterloo, c'est enfin la chute de l'Empire ; mais c'est sans doute aussi le commencement de la fin pour les monarchies européennes autoritaires : la Révolution française, débarrassée de son épée, va pouvoir enfin partir à la conquête pacifique des peuples. Waterloo, en dernier ressort, c'est le Waterloo de l'aristocratie européenne.

Iconographie

  • Bataillon sacré à Waterloo, lithographie de Denis-Auguste-Marie Raffet ;
  • Le Général Cambronne à Waterloo (le Français meurt et ne se rend pas), estampe de Cadet-Louis Abadie (musée national des Arts et Traditions populaires, Paris) ;
  • Waterloo. Bataille du mont Saint-Jean. 18/06/1815, dessin du major Kunts ;
  • Bataille de Waterloo. 18 juin 1815, tableau de Clément Auguste Andrieux (musée national du château de Versailles).

Bibliographie :

  • Lieutenant C.-P. Escalle, Des marches dans les armées de Napoléon : Borghetto (1796), Ulm (1805), Smolensk (1812), Lützen et Dresde (1813), Waterloo (1815), 1912 (reproduction en fac-similé par les Éditions historiques Teissèdre, 2003 ;
  • Lieutenant-colonel Jean-Baptiste-Adolphe Charras, Histoire de la campagne de 1815 : Waterloo, 1857 ;
  • Charles Malo, Champs de bataille de l'armée française, Paris, Hachette, 1901 ;
  • John Keegan, Anatomie de la bataille. Azincourt 1415. Waterloo 1815. La Somme 1916. Robert Laffont, 1993 ;
  • Louis Navez, Le Champ de bataille et le pays de Waterloo en 1815 et actuellement, Bruxelles, 1908 ;
  • W. Aerts, Waterloo ; opérations de l'armée prussienne du bas-Rhin pendant la campagne de Belgique en 1815, depuis la bataille de Ligny jusqu'à l'entrée en France des troupes prussiennes, Bruxelles, 1908 ;
  • W. Aerts et L. Wilmet, 18 juin 1815 : Waterloo : l'attaque de la Garde, les derniers carrés, la déroute, Bruxelles, 1904 ;
  • J.-H. Anderson, The Waterloo Campaign, Londres, 1907 ;
  • G. Barral, L'Épopée de Waterlo... composée d'après les documents inédits et les souvenirs de mes deux grands-pères..., Paris, 1895 ;
  • A.F. Becke, Napoléon and Waterloo, Londres, 1914 ;
  • H. Houssaye, 1815, Waterloo, Paris, 1898 ;
  • Lachouque, Le Secret de Waterloo, Paris, 1952 ;
  • A. Pollio, Waterloo, Paris, 1908 ;
  • A. de Vaulabelle, Campagne et bataille de Waterloo, d'après de nouveaux renseignements et des documents complémentaires, Paris, 1845 ;
  • Jean-Claude Damamme, La bataille de Waterloo, Perrin, 1999 ;
  • Jac Weller, Wellington at Waterloo, Greenhill Books, London, 1967 ;
  • Philippe de Meulenaere, Bibliographie analytique des témoignages oculaires imprimés de la campagne de Waterloo, Paris, Teissèdre, 2004 ;
  • Jacques Logie, Waterloo. La campagne de 1815, Bruxelles, 2003 ;
  • Peter Hofschröer, 1815. The Waterloo Campaign, Pennsylvania, 1998-1999 ;
  • Captain W. Siborne, History of the War in France and Belgium in 1815, Londres, 1848 ;
  • David Hume, Tobias Smollet, John Aikin et John Adolphus, Histoire d'Angleterre, Paris, Furne, 1839, tome XIII ;
  • Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, Paris, Paulin, 1862, tome XX ;
  • "Waterloo, la bataille de la dernière chance", article de Jacques Garnier dans Napoléon Ier, n° 27, juillet-août 2004 ;
  • La bataille de Waterloo inspira de nombreux écrivains (notamment Stendhal dans le début de La Chartreuse de Parme) ;
  • Les Misérables, ce roman de Victor Hugo, reprend l'anecdote sur le "mot de Cambronne" ;
  • Waterloo, roman d'Émile Erckmann et Alexandre Chatrian (Erckmann-Chatrian, 1865).
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AUSTERLITZ https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/472-austerlitz https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/472-austerlitz AUSTERLITZ

AUSTERLITZ (en tchèque Slavkov). Localité de Moravie, en République tchèque, près de Brno. Brillante victoire de Napoléon Ier sur l’armée austro-russe commandée par Alexandre Ier Pavlovitch et François II le 2 décembre 1805. Le maréchal Lannes, qui commandait l’aile gauche du dispositif français, se distingua dans cette bataille, dite des Trois Empereurs, qui mit fin à la 3e coalition et au Saint-Empire germanique. Le général russe Bagration s’illustra dans la bataille. S’y illustrèrent également :

  • le sous-lieutenant Voirol, futur général de division ;
  • le colonel Debroc, futur général de brigade ;
  • le futur général de division Decouz qui fut fait colonel après la bataille ;
  • le futur général de brigade Dejean ;
  • le futur général de brigade Thomières ;
  • le colonel Digeon, futur général de division, qui fut blessé ;
  • le futur général de division Delort qui fut blessé ;
  • le major Dommanget, futur général de cavalerie ;
  • le colonel Dorsenne qui fut nommé général de brigade après la bataille ;
  • Auguste-Jean-Baptiste Duchand de Sancey, futur général d’artillerie ;
  • Louis-Claude Duchastel, futur maréchal de camp ;
  • le colonel Dumoustier, futur général de division ;
  • le colonel Durosnel, futur général de division ;
  • la femme soldat Marie-Thérèse Figueur ;
  • le sergent Marie-Jeanne Schellinck, femme militaire belge au service de la France, futur sous-lieutenant, qui fut blessée ;
  • le futur général de division Flahaut ;
  • le colonel Fouler, comte de Relingue, futur général de division ;
  • le colonel Taupin, futur général de division ;
  • le futur général de division Joseph-Augustin Fournier ;
  • le général de brigade Viviès, baron de La Prade ;
  • le futur lieutenant général Huber ;
  • le général de brigade Kirgener ;
  • le chef de brigade de cavalerie Lafon-Blaniac, futur général de division ;
  • le chef de brigade de cavalerie Yvendorff, futur général de brigade ;
  • le colonel Ledru des Essarts, futur général de division, qui fut fait général de brigade après la bataille ;
  • le futur général d’artillerie Lenoury qui fut nommé colonel après la bataille ;
  • le colonel Lepic, futur général de cavalerie ;
  • le général de brigade Loison ;
  • le colonel Mazas qui fut tué ;
  • le colonel Demarçay ;
  • le général de brigade Merle, futur général de division ;
  • le futur général de brigade Pryvé ;
  • le général de brigade Ruffin, futur général de division ;
  • le général de brigade Sahuc, futur général de division ;
  • le maréchal Soult qui, commandant le centre du dispositif français, enfonça le centre ennemi sur le plateau de Pratzen et que Napoléon salua comme “le premier manœuvrier de l’Europe” ;
  • le général Berton ;
  • le maréchal et gouverneur de Hanovre Bernadotte, futur roi de Suède sous le nom de Charles XIV ;
  • le général de brigade Darmagnac, futur général de division ;
  • le général Duroc, grand maréchal du Palais de Napoléon Ier, qui commandait une division de grenadiers ;
  • le général d’artillerie Baston, comte de Lariboisière, qui brisa au canon la glace d’un étang sur lequel avançaient des Russes ;
  • le futur maréchal Nicolas-Charles Oudinot, qui fut grièvement blessé ;
  • alors qu’il n’était que colonel, le comte Exelmans, futur maréchal ;
  • le futur général de brigade Beurmann ;
  • le futur général de brigade Blein ;
  • le futur général de division Brayer qui fut fait colonel après la bataille ;
  • le futur lieutenant général Dalton ;
  • le futur général de division Claude-Étienne Michel qui fut fait colonel après la bataille ;
  • le général Suchet, futur maréchal ;
  • le général Ordener, qui fut blessé ;
  • le capitaine d’infanterie Barbanègre, futur général de brigade ;
  • Constant Corbineau, futur général, qui fut blessé ;
  • le futur lieutenant général Gourgaud, qui fut blessé ;
  • le général Le Blond, comte de Saint-Hilaire, qui fut grièvement blessé ;
  • le maréchal Davout qui, avec 10 000 hommes, contra 35 000 ennemis aux villages de Telnitz et de Sokolnitz ;
  • le futur roi de Naples Joachim Murat qui commandait la cavalerie ;
  • le grenadier à pied de la Garde impériale Bugeaud, marquis de La Piconnerie, futur duc d’Isly et futur maréchal de France, qui fut nommé caporal après la bataille ;
  • le sous-lieutenant Chatry de La Fosse, futur maréchal de camp ;
  • le comte du Coëtlosquet, futur lieutenant général ;
  • le général de brigade Valhubert qui, la cuisse fracassée par un éclat d’obus, fut mortellement blessé (il devait mourir cinq jours plus tard des suites de ses blessures) ;
  • le général Bertrand, futur comte de l’Empire et futur Grand maréchal du Palais ;
  • le maréchal Jean-Baptiste Bessières, futur duc d'Istrie, qui commandait la cavalerie de la Garde impériale ;
  • Bertrand Bessières, frère du précédent, futur général de brigade ;
  • le général de division François-Étienne Kellermann, fils du vainqueur de Valmy, qui fut blessé ;
  • le comte Lamarque, général de brigade, futur général de division ;
  • Nicolas-Joseph Maison, futur maréchal et futur ministre ;
  • le comte de Montholon, futur général et futur compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène ;
  • le comte Jean Rapp, général de brigade, qui, à la tête des grenadiers à cheval de la Garde, bouscula la Garde impériale russe ;
  • le général de division Vandamme ;
  • le général de division Walther qui fut blessé ;
  • le futur général de division Bigarré ;
  • le colonel Jean-Pierre-Hubert Cambacérès, futur général de brigade ;
  • les généraux de brigade Thiébault, Sébastiani de La Porta, futur maréchal et futur ministre des Affaires étrangères, et Compans ;
  • le général de division Friant, qui eut quatre chevaux tués sous lui ;
  • les généraux Charles-Alexis-Louis-Antoine Morand, Drouet d’Erlon, futur maréchal, Rivaud de La Raffinière, Claparède, Claude-Alexandre Legrand, Heudelet de Bierre, Lochet, Kister, Victor-Léopold Berthier, Campana, Bourcier et Margaron ;
  • le colonel Arrighi de Casanova, futur général de division et futur duc de Padoue ;
  • le colonel Joseph-Jean-Baptiste Albert, futur général de division ;
  • le colonel Curial, futur général de division ;
  • le colonel Bardet de Maison-Rouge, futur général de division ;
  • le maréchal Louis-Alexandre Berthier, chef d’état-major, futur prince de Wagram ;
  • le général de division Auguste Caffarelli, futur ministre de la Guerre et de la Marine du royaume d’Italie, futur comte de l’Empire ;
  • le comte de Gardanne, général de brigade ;
  • Étienne-Maurice Gérard, futur maréchal, futur ministre de la Guerre, qui fut blessé ;
  • le comte de Girardin, futur général de division, qui, avec dix hommes, fit 400 prisonniers et prit quatre pièces de canon ;
  • le général Jean-Joseph-Ange d’Hautpoul qui, à la tête de ses cuirassiers, coupa l’aile droite de l’ennemi ;
  • l’officier de cavalerie Antoine-Charles de Lasalle, futur général de division ;
  • le comte Paul de La Vauguyon, futur général de division ;
  • le général de cavalerie Lefebvre-Desnouettes ;
  • Marc-Antoine de La Bonninière, comte de Beaumont, général de division ;
  • Louis-Chrétien Carrière, baron de Beaumont, futur général de division ;
  • le futur général de brigade Chamorin ;
  • le futur général de brigade Chauvel ;
  • le général Becker, qui fut promu général de division sur le champ de bataille ;
  • le général de division Belliard ;
  • le général d’artillerie Pernety ;
  • le général de cavalerie Étienne-Marie-Antoine Champion, comte de Nansouty ;
  • le baron Chastel, futur lieutenant général ;
  • Jacques-Marie Cavaignac, futur lieutenant général ;
  • Pierre-David Colbert, futur général de division, qui fut fait chef d’escadron sur le champ de bataille ;
  • le chef de bataillon Baillod, futur lieutenant général ;
  • le chef de bataillon Bony, futur général de brigade, qui fit 300 prisonniers ;
  • François-Beaudin Berge, futur général d’artillerie et futur lieutenant général ;
  • Louis-Bertrand-Pierre Brun de Villeret, futur général de division ;
  • le lieutenant Brunet-Denon, futur maréchal de camp, qui fut blessé et nommé capitaine après la bataille ;
  • le chef de brigade Caulaincourt, futur général de division ;
  • le marquis Georges de Chambray, futur maréchal de camp ;
  • le lieutenant Clouet, futur maréchal de camp ;
  • Michel Combes, futur colonel ;
  • François-Gédéon Bailly de Monthyon, futur général de division, qui fut fait colonel sur le champ de bataille.

Le baron Ange-Hyacinthe-Maxence de Damas, futur lieutenant général, futur ministre de la Guerre, participa à la bataille dans les rangs des Russes. Le tsar Alexandre Ier accusa le feld-maréchal Koutouzov d’être responsable de la défaite que ce dernier avait d’ailleurs prévue. Les Austro-Russes eurent 15 000 tués ou blessés et laissèrent 20 000 prisonniers (dont quinze généraux, parmi lesquels le comte de Diebitsch, futur feld-maréchal) sur leurs 82 000 hommes ; les Français eurent 8 000 tués ou blessés sur 65 000 hommes. Le maréchal Joachim Murat commit une maladresse en laissant s’échapper le gros des troupes russes qu’il était chargé de poursuivre. La Garde impériale se distingua particulièrement dans l’assaut du plateau de Pratzen. Les Français prirent aux Russes 200 canons et quarante-cinq drapeaux, dont les étendards de la Garde impériale d’Alexandre. Dans de nombreux bourgs et villages où ils pénétrèrent, ils trouvèrent les granges et les églises remplies de blessés ; Koutouzov avait fait placer sur les portes des écriteaux portant en langue française : “Je recommande ces malheureux à la générosité de l’empereur Napoléon et à l’humanité de ses braves soldats”. Cette victoire française demeure l'une des plus remarquables de l'histoire militaire de tous les temps.

Iconographie :

  • Bataille d'Austerlitz, tableau de François Gérard (musée national du château de Versailles)
  • Allégorie de la bataille d'Austerlitz. 2 décembre 1805, tableau d'Antoine François Callet (musée national du château de Versailles)
  • Napoléon donnant l'ordre avant la bataille d'Austerlitz. 2 décembre 1805, tableau d'Antoine-Charles-Horace Vernet, dit Carle Vernet (musée national du château de Versailles)
  • Dispositions de l'Empereur pour la bataille d'Austerlitz, dessin à la plume de Charles Monnet (La Malmaison)
  • Austerlitz, peinture murale de Jean Anaux, dit le Romain (musée national du château de Versailles)
  • La Bataille d'Austerlitz, dessin de Jacques Bertaux (musée du Louvre, Paris)
  • Devant Austerlitz, dessin de A. Blondeau (Archives départementales des Vosges, Épinal)
  • Austerlitz, bas-relief de Pierre-Jean David, dit David d'Angers, 1846 (musée David d'Angers, Angers)
  • Bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805 à quatre heures du soir, aquarelle de Siméon Fort (musée national du château de Versailles)
  • Bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805 à dix heures du matin, aquarelle de Siméon Fort (musée national du château de Versailles)
  • Bataille d'Austerlitz, estampe gravée par François Georgin et imprimée par Pellerin (musée national des arts et traditions populaires, Paris) ;
  • Le bivouac de Napoléon à la veille d'Austerlitz, 1er décembre 1805, tableau de Louis-François Lejeune (musée national du château de Versailles).

Bibliographie :

  • Jean Thiry, Ulm, Trafalgar, Austerlitz, Paris, Berger-Levrault, 1962 ;
  • Relations et rapports officiels de la bataille d'Austerlitz : édition établie par Jacques Garnier, Paris, La Vouivre, 1998 ;
  • Sous le soleil d'Austerlitz. La bataille racontée par ceux qui l'ont vécue : Textes présentés par Robert Ouvrard, Cosmopole, 2005 ;
  • Patrick Girard et Vincent-Pierre Angouillant, Austerlitz : la bataille des Trois Empereurs racontée par un soldat autrichien, Jean-Claude Gawsewitch, 2005 ;
  • David Chanteranne et Renaud Faget, Austerlitz, Éditions Perrin, 2005 ;
  • Docteur F.-G. Hourtoulle, Austerlitz, 1805, Éd. Histoire et Collections ;
  • "Austerlitz : la bataille des trois empereurs", article de Jacques Garnier dans Napoléon Iern° 5, novembre-décembre 2000 ;
  • "Austerlitz, victoire du génie napoléonien et maîtrise parfaite des grands principes stratégiques", article de Théophile Monnier dans L'Art de la guerre, n° 1, avril-mai 2002 ;
  • Comte de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, Paris, Gallimard, 1999.
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WASHINGTON https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4561-washington https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/4561-washington WASHINGTON

WASHINGTON (George). Général et homme politique américain, 1er Président des Etats-Unis d’Amérique (en Virginie 1732 – Mount Vernon, Virginie 1799). Avant la victoire décisive de Yorktown, il connut des fortunes diverses sur les champs de bataille de la guerre d’Indépendance américaine :

  • Long Island (27 août 1776, île de l’État de New York sur laquelle se trouve le quartier new-yorkais de Brooklyn) : défaite de Washington contre les troupes du vicomte William Howe ; cette défaite eut pour effet de livrer New York aux Britanniques ;
  • Trenton (26 décembre 1776, dans le New Jersey, sur la Delaware) : victoire de Washington ;
  • Princeton (3 janvier 1777, dans le New Jersey, près de la capitale, Trenton) : victoire de Washington ;
  • Brandywine (11 septembre 1777, petite rivière qui traverse la Pennsylvanie et le Delaware) : victoire du vicomte Howe sur Washington ; le marquis de La Fayette, nommé par les Insurgents major général, participa à cette bataille et y fut grièvement blessé ;
  • Saratoga Springs (17 octobre 1777, dans l’État de New York) : victoire des Insurgents, commandés par le général Gates, sous les ordres de Washington, sur le général John Burgoyne ; l’armée anglaise (5 500 hommes) dut capituler en rase campagne.

Le 19 octobre 1781, à Yorktown, dans l’est de la Virginie, près de la baie de Chesapeake, les Britanniques du marquis Charles Mann de Cornwallis, futur gouverneur de l’Inde, capitulèrent devant les troupes de Washington et les volontaires français du lieutenant général Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau. La capitulation disposait que les troupes anglaises de terre se rendraient aux Etats-Unis et les troupes de mer à l’armée navale française. Il y eut en tout 6591 prisonniers. Après la guerre, Washington se retira de la vie politique mais accepta pourtant de revenir à la Convention de Philadelphie en 1787 et il signa la constitution des Etats-Unis. Il fut élu président à deux reprises, en 1789 et en 1792. Il se retira définitivement en 1796.

Iconographie : portrait de Washington par José Perovani (Academia San Fernando, Madrid).

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EISENHOWER https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/1714-eisenhower https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/1714-eisenhower EISENHOWER

EISENHOWER (Dwight David). Général et homme d’État américain, 34e président des Etats-Unis d’Amérique (Denison, Texas 1890 – Washington 1969). Il entra à l’académie militaire de West Point en 1911 et mena une brillante carrière militaire. Nommé brigadier général en 1941, il prépara, de concert avec l’état-major britannique, des projets de débarquement allié en Europe. Il commanda en chef, en 1942, le débarquement en Afrique du Nord, puis les campagnes de Tunisie et de Sicile. En 1943, il fut nommé commandant en chef des forces alliées en Europe. Sa renommée reste avant tout liée au débarquement de Normandie. Il reçut la capitulation allemande à Berlin le 9 mai 1945. Après la guerre, il fut placé, en 1950, à la tête de l’OTAN. Il fut élu président des Etats-Unis en 1952, puis réélu en 1956. Il se retira de la vie politique en 1961.

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NAPOLÉON Ier https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/3291-napoleon-ier https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/3291-napoleon-ier NAPOLÉON Ier

NAPOLÉON Ier (Napoléon Bonaparte). Premier consul à vie de 1802 à 1804, puis empereur des Français de 1804 à 1815 (Ajaccio, Corse 15 août 1769 – île de Saint-Hélène 5 mai 1821). Il étudia au collège d’Autun, à l’école militaire de Brienne de 1779 à 1784, puis à celle de Paris. Lieutenant en second, il vécut en garnison jusqu’en 1791. Il échoua dans sa tentative de carrière politique dans son île natale et s’installa en France avec sa famille. Il commanda l’artillerie au siège de Toulon, qui s’était livrée aux Britanniques, et contribua à la prise de la ville. En 1794, il fut nommé général de brigade et placé à la tête de l’artillerie à l’armée d’Italie. Ses amitiés pour les jacobins le firent emprisonner pendant un court moment. Il fut appelé par Barras pour réprimer l’insurrection royaliste contre le Directoire le 13 Vendémiaire (5 octobre 1795). Il fut alors nommé commandant en chef de l’armée de l’intérieur. Il fut ensuite promu général en chef de l’armée d’Italie le 2 mars 1796 et épousa, une semaine plus tard, Joséphine Tascher de La Pagerie, veuve du général Alexandre de Beauharnais. Il partit pour la campagne d’Italie contre les forces austro-piémontaises et y révéla son génie militaire dans une série de batailles à plus d’un titre célèbres :

  • Cairo Montenotte (12 avril 1796, en Ligurie, près de Savone, sur la Bormida) : victoire sur les Autrichiens commandés par le baron de Beaulieu ;
  • Millesimo (14 avril 1796, province de Gênes, sur la Bormida) : victoire, avec le général Augereau, sur les Autrichiens et les Sardes ;
  • Dego (15 avril 1796, sur la Bormida) : victoire sur les Autrichiens commandés par le général Wukassovitch ; le combat de Dego constitua le prolongement décisif de la bataille de Millesimo ;
  • Mondovi (22 avril 1796, province de Cuneo) : victoire sur les Piémontais du baron de Colli ;
  • Lodi (10 mai 1796, en Lombardie, sur l’Adda) : victoire sur les Autrichiens du baron de Beaulieu ; c’est lors de cette bataille que Bonaparte fut pour la première fois surnommé « le Petit Caporal » ; Napoléon aurait dit : « Vendémiaire et même Montenotte ne me portèrent pas à me croire un homme supérieur ; ce n’est qu’après Lodi qu’il me vint dans l’idée que je pourrais bien devenir un acteur décisif sur notre scène politique. » ;
  • Castiglione delle Stiviere (5 août 1796, au nord-ouest de Mantoue) : victoire sur les Autrichiens commandés par le général Dagobert Sigmund von Wurmser ; les Autrichiens, venus par le col du Brenner, voulaient tenter de dégager leurs troupes enfermées dans Mantoue ;
  • Roveredo (4 septembre 1796, dans le Tyrol, près de Trente) : victoire sur les Autrichiens commandés par Wurmser et les généraux Wukassovitch et Davidovich ;
  • Bassano del Grappa (8 septembre 1796, en Vénétie, sur la Brenta) : victoire sur les Autrichiens de Wurmser ;
  • Caldiero (12 novembre 1796, en Vénétie) : échec de Bonaparte devant les troupes autrichiennes du baron d’Alvinzy ;
  • Arcole (17 novembre 1796, sur l’Alpone, petit affluent de l’Adige) : victoire, avec Augereau, sur les Autrichiens du baron d’Alvinzy ; Bonaparte paya bravement de sa personne pour enlever le pont d’Arcole ;
  • Rivoli (14 janvier 1797, sur l’Adige, près de Vérone) : victoire sur les Autrichiens commandés par D’Alvinzy ;
  • Anghiari (15 janvier 1797, sur l’Adige) : victoire sur les Autrichiens commandés par le général Provera ;
  • La Favorite (16 janvier 1797, près de Mantoue) : victoire sur les Autrichiens de Provera et de Wurmser, précédant la capitulation de Mantoue dont la garnison se rendit le 3 février ;
  • Tagliamento (16 mars 1797) : victoire sur l’archiduc autrichien Charles de Habsbourg.

Cette foudroyante campagne d’Italie rendit Bonaparte célèbre et c’est avec un certain soulagement que le Directoire vit partir pour l’Égypte ce jeune général devenu quelque peu encombrant. La campagne d’Égypte se traduisit par trois grandes victoires :

  • celle des Pyramides, le 23 juillet 1798, à Embabeh (ou Imbaba), faubourg du Caire, sur la rive gauche du Nil, en face de Boulaq, près des pyramides de Gizeh, sur les Mameluks de Murad Bey ; avant de livrer la bataille, Bonaparte prononça sa fameuse harangue : « Soldats ! Vous êtes venus dans ces contrées pour les arracher à la barbarie, porter la civilisation dans l’Orient, et soustraire cette belle partie du monde au joug de l’Angleterre. Nous allons combattre. Songez que du haut de ces monuments quarante siècles vous contemplent. » ;
  • celle du Mont-Thabor, le 16 avril 1799, près de la ville de Nazareth, sur 20 000 Turcs et Arabes ;
  • celle d’Aboukir, le 25 juillet 1799, à l’extrémité de la presqu’île du même nom, près d’Alexandrie, sur une armée turque de 18 000 janissaires commandée par Mustapha Pacha, débarquée par la flotte anglaise de l’amiral William Sidney-Smith.

Dès son retour en France, Bonaparte, avec l’aide de Sieyès, Talleyrand, Fouché, Murat et de son frère Lucien, fit son coup d’État contre le Directoire, le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799). Premier consul à côté de Cambacérès et de Lebrun, il ne tarda pas à entrer en guerre contre l’Autriche en Italie. Le 21 mai 1800, il passa le col du Grand-Saint-Bernard et entama cette nouvelle campagne d’Italie. Il vainquit les Autrichiens d’abord à Turbigo, en Lombardie, dans la province de Milan, sur la rive gauche du Tessin, le 31 mai 1800 ; puis ce fut la victoire de Marengo, au Piémont, près d’Alessandria, le 14 juin 1800, sur les troupes du baron Melas. Le 2 août 1802, par « sénatus-consulte » ratifié par un plébiscite, Bonaparte devenait consul à vie. Le 8 mai 1804, le Sénat le proclamait empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier et déclarait l’Empire héréditaire et un plébiscite confirmait ces décisions. La guerre reprit avec la formation de la 3e coalition : Grande-Bretagne, Autriche, Russie et royaume des Deux-Siciles. Deux grandes victoires devaient la faire disparaître :

  • Ulm (20 octobre 1805, en Bade-Wurtemberg, sur la rive gauche du Danube) : défaite du feld-maréchal autrichien Schwarzenberg et capitulation du général Mack et de ses 30 000 hommes ;
  • Austerlitz (2 décembre 1805, en Moravie, près de Brno) : défaite de l’armée austro-russe commandée par Alexandre Ier Pavlovitch et François II ; cette bataille, dite des Trois Empereurs, non seulement mit fin à la 3e coalition, mais fit disparaître le Saint-Empire germanique et naître la Confédération du Rhin.

Napoléon plaça son frère Joseph Bonaparte sur le trône de Naples, abandonné par les Bourbons d’Espagne (Ferdinand IV et Marie-Caroline), et fit de son autre frère Louis le roi de Hollande. Une nouvelle campagne contre la Prusse et la Russie devait commencer en 1806. Elle fut illustrée, notamment, par trois grandes batailles :

  • Iéna (14 octobre 1806, en Thuringe, sur la Saale) : éclatante victoire de Napoléon sur les Saxons et les Prussiens, commandés par le général Hohenlohe et le feld-maréchal Mollendorf ; le même jour, le maréchal Davout taillait en pièces, à Auerstedt, les troupes du duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick ; Napoléon s’ouvrit ainsi la route de Berlin qu’il atteignit le 27 octobre ;
  • Eylau (7 et 8 février 1807, en Russie, dans l’ancienne Prusse-Orientale) : victoire de Napoléon sur les Russes du général en chef Bennigsen, des princes Bagration et Barclay de Tolly et sur les Prussiens du général Lestocq ;
  • Friedland (14 juin 1807, dans l’ancienne Prusse-Orientale) : éclatante victoire de Napoléon sur les Russes commandés par Bennigsen et le général Korsakov ; les Russes perdirent 25 000 hommes et eurent vingt-cinq généraux pris, tués ou blessés ; Napoléon aurait pourtant dit : « L’armée n’a pas été si bonne qu’à Iéna. »

L’entrevue de Tilsit avec le tsar Alexandre Ier suivit cette dernière victoire. La Prusse fut dépecée, perdant ce qui devint le grand-duché de Varsovie et le royaume de Westphalie sur le trône duquel Napoléon plaça Jérôme Bonaparte. La politique expansionniste de l’Empereur devait trouver sa continuation dans l’occupation du Portugal en novembre 1807, pour l’obliger à respecter le blocus continental, et dans la guerre d’Espagne. Après l’entrée de Murat à Madrid et la violente répression du soulèvement populaire qui entraîna l’insurrection générale du pays, Napoléon força Charles IV et son fils Ferdinand VII à abdiquer et plaça sur le trône d’Espagne son frère Joseph, Murat devenant à sa place roi de Naples. Après le désastre de Baylen (19 juillet 1808), il dut intervenir en personne dans la guerre et gagna brillamment la bataille de Somosierra, dans la sierra de Guadarrama, le 30 novembre 1808, sur le général Benito San Juan, s’ouvrant ainsi la route de Madrid. Laissant Soult et Ney sur place, il regagna Paris en janvier 1809, juste à temps pour se préparer à livrer six grandes batailles :

  • Abensberg (20 avril 1809, en Bavière, près de Ratisbonne) : victoire sur les Autrichiens, commandés par le général Hiller ;
  • Landshut (21 avril 1809, sur l’Isar) : victoire sur les troupes de l’archiduc Charles (Charles de Habsbourg) commandées par Hiller ;
  • Eckmühl (22 avril 1809, au sud de Ratisbonne) : victoire sur l’archiduc Charles en personne ;
  • Ratisbonne (23 avril 1809, sur le Danube, près de son confluent avec la Regen) : nouvelle victoire sur l’archiduc Charles ; dans cette bataille, Napoléon fut contusionné d’une balle au pied ;
  • Essling (21 et 22 mai 1809, près de Vienne) : bataille sanglante et indécise ayant opposé 45 000 Français à 90 000 Autrichiens commandés par l’archiduc Charles ;
  • Wagram (5 et 6 juillet 1809, au nord-est de Vienne) : victoire éclatante, mais coûteuse, sur les Autrichiens ; cette bataille mit en présence 300 000 hommes et 1 100 pièces de canon.

Ces victoires conduisirent à la paix de Vienne du 14 octobre 1809. Napoléon, après avoir répudié Joséphine, épousa en avril 1810 Marie-Louise de Habsbourg, fille de l’empereur d’Autriche, qui mit au monde un fils proclamé roi de Rome. Après plus de deux ans de paix relative, Napoléon rompit son entente avec Alexandre Ier et entreprit d’envahir la Russie. Sur le Dniepr, à Smolensk, les 17 et 18 août 1812, il vainquit les princes Bagration et Barclay de Tolly. Le 7 septembre 1812, ce fut la sanglante bataille de Borodino, ou de la Moskova, où Bagration, qui y trouva la mort, et Barclay de Tolly, sous les ordres de Koutouzov, furent encore battus. Une semaine plus tard, Napoléon entrait dans Moscou où un gigantesque incendie se déclara dès le lendemain. Napoléon battit en retraite. Apprenant la conspiration du général Mallet, il rentra précipitamment en France, laissant à Murat le commandement de la Grande Armée qui n’en finissait pas d’agoniser sous le double effet du froid et de la guérilla. La guerre devait reprendre en 1813 contre la Prusse, la Russie, l’Autriche et la Suède de Bernadotte, futur Charles XIV. L’Empereur remporta encore de grandes victoires :

  • Lützen (2 mai 1813, en Saxe, au sud-ouest de Leipzig) : victoire sur les Russes du prince de Sayn-Wittgenstein et sur les Prussiens ;
  • Bautzen (20 mai 1813, en Haute-Lusace) : victoire sur les Prussiens et les Russes commandés par le prince de Wittgenstein et Blücher, en présence d’Alexandre Ier ; sir Hudson Lowe, le futur geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, assista à la bataille et put voir pour la première fois, de loin, son futur prisonnier ;
  • Dresde (26 et 27 août 1813, en Saxe, sur l’Elbe) : victoire sur les Russes, les Prussiens et les Autrichiens commandés par Schwarzenberg.

Autrichiens, Prussiens, Russes et Suédois, commandés par Schwarzenberg, le vainquirent à Leipzig du 16 au 19 octobre 1813. La bataille dite « des nations » fut particulièrement meurtrière puisqu’elle fut marquée par la perte de 130 000 hommes (50 000 du côté français, 80 000 du côté des Alliés). Lors de cette bataille furent utilisées des fusées Congreve, du nom de leur inventeur, sir William Congreve, officier d’artillerie britannique. Cette campagne d’Allemagne se termina par une victoire de Napoléon, celle d’Hanau, à l’est de Francfort, les 30 et 31 octobre 1813, sur le prince Karl Philipp von Wrede, feld-maréchal bavarois à la tête de troupes bavaroises, wurtembergeoises et autrichiennes. Malgré cette dernière victoire, l’Empereur ne pouvait plus empêcher le déferlement des Alliés sur la France. La campagne de France illustre sans doute le mieux le génie militaire de Napoléon. Dans les douze batailles suivantes, il sut toujours tirer son épingle du jeu avec des moyens de plus en plus réduits :

  • Saint-Dizier (27 janvier 1814, en Haute-Marne) : victoire sur les Alliés ;
  • Brienne-le-Château (29 janvier 1814, dans l’Aube) : victoire sur les Prussiens et les Russes, commandés par Blücher, qui occupait la ville ; mais Napoléon dut se retirer le 2 février de cet endroit où il avait été élève de 1779 à 1784 ; lors de cette bataille, il eut la vie sauvée par le colonel Gaspard Gourgaud, futur général de division ;
  • La Rothière (1er février 1814, tout près de Brienne) : défaite contre les Prussiens de Blücher, les Russes de Sacken et les Autrichiens de Schwarzenberg ; Napoléon disposait de 32 000 hommes, les Alliés de 106 000 ; les Français perdirent 6 000 hommes (dont 2 400 prisonniers), la perte des Alliés dépassa 8 000 hommes ;
  • Champaubert (10 février 1814, dans la Marne) : victoire sur les Russes, commandés par le général Olsufiev, qui fut fait prisonnier avec son état-major ;
  • Montmirail (11 février 1814, dans la Marne, au sud-ouest d’Épernay) : victoire sur le prince von der Osten-Sacken, feld-maréchal russe ;
  • Château-Thierry (12 février 1814, dans l’Aisne, sur la Marne) : victoire sur le général prussien Yorck, comte de Wartenburg, commandant 18 000 Prussiens et 12 000 Russes ;
  • Vauchamps (14 février 1814, dans la Marne) : victoire sur Blücher ; sans avoir perdu plus de 600 hommes, l’armée française prit quinze pièces de canon, dix drapeaux et mit hors de combat plus de 9 000 hommes, morts, blessés ou faits prisonniers ;
  • Nangis (17 février 1814, en Seine-et-Marne) : victoire sur les Russes ;
  • Montereau-Fault-Yonne (18 février 1814, en Seine-et-Marne, au confluent de l’Yonne et de la Seine) : victoire sur Schwarzenberg ;
  • Craonne (6 et 7 mars 1814, dans l’Aisne, près de Laon) : victoire sur Blücher ;
  • Laon (10 mars 1814) : défaite contre Blücher ; ce dernier disposait de 90 000 hommes, il en perdit 5 000 ;
  • Arcis-sur-Aube (20 et 21 mars 1814, dans l’Aube, près de Troyes) : bataille indécise entre l’Empereur, disposant de 22 000 hommes, et Schwarzenberg, à la tête d’une armée austro-russe de 90 000 hommes ; « J’ai tout fait pour mourir à Arcis. Les boulets n’ont pas voulu de moi. » aurait dit Napoléon.

Ces prodiges militaires ne purent cependant empêcher les Alliés d’entrer dans Paris le 31 mars 1814. Talleyrand obtint du Sénat la déchéance de Napoléon qui abdiqua le 4 avril. On lui laissa son titre d’empereur et on lui donna la souveraineté de l’île d’Elbe assortie d’une rente. Mis au courant de l’existence d’une opposition bonapartiste contre Louis XVIII, Napoléon résolut de gagner la France où il débarqua le 20 mars 1815 et reprit le pouvoir pour Cent-Jours. L’Europe se coalisa aussitôt. Le 16 juin 1815, à Ligny, en Belgique, près de la commune de Sombreffe, il vainquit Blücher. Le maréchal Grouchy, chargé de poursuivre les Prussiens après leur défaite, ne sut pas les empêcher de rejoindre les Anglais de Wellington sur le champ de bataille de Waterloo. Le 18 juin 1815, Napoléon perdait cette ultime et célèbre bataille de Waterloo, dite aussi du Mont-Saint-Jean, qui provoqua sa chute et sa seconde abdication. Il se confia malheureusement à la Grande-Bretagne qui le confina à Sainte-Hélène avec un carré de fidèles. Il vécut cinq années en captivité, en butte à la cruauté du gouverneur Hudson Lowe, représentant d’une nation qui avait tout fait pour l’abattre enfin et empêcher la création d’une Europe unie. Il mourut, officiellement d’un cancer à l’estomac, très probablement d’un lent empoisonnement, le 5 mai 1821. Le retour de sa dépouille en France s’effectua en 1840 ; ce fut tout à l’honneur du roi Louis-Philippe Ier qui fit déposer son cercueil aux Invalides.

Bibliographie : G. Lefebvre, Napoléon, collection Halphen et Sagnac, Peuples et civilisations, tome XIV, Paris.

Iconographie :

  • Bonaparte au pont d'Arcole, tableau de Jean-Antoine Gros, 1797 (musée national du château de Versailles, esquisse au musée du Louvre, Paris) ;
  • Bonaparte à la bataille des Pyramides, tableau de Gros ;
  • Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, tableau de Gros ;
  • Bonaparte gravissant le mont Saint-Bernard, tableau de David ;
  • Bonaparte, Premier consul, portrait d'Isabey (musée national du château de Versailles) ;
  • Bonaparte franchissant les Alpes, tableau de Paul Delaroche ;
  • Napoléon, portrait de David ;
  • Napoléon, portrait du baron Gérard ;
  • le Couronnement, ou le Sacre, tableau de David ;
  • la Distribution des aigles au Champ de Mars, tableau de David ;
  • Napoléon à la bataille d'Eylau, tableau de Gros (musée du Louvre, Paris) ;
  • Napoléon à Iéna, tableau de Vernet ;
  • le musée national du château de Versailles renferme un grand nombre de tableaux (David, Gros, R. Lefèvre, Rouget, etc.) représentant les grandes victoires et les événements saillants du règne de l'Empereur) ;
  • Statuaire : il faut citer les œuvres de Canova, Seurre, Houdon, Frémiet, Rude, etc.
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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les soldats Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200
GARIBALDI https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/1988-garibaldi https://www.histoire-de-guerre.net/article/item/1988-garibaldi GARIBALDI

GARIBALDI (Giuseppe). Homme politique italien (Nice, Alpes-Maritimes 1807 – Caprera, petite île italienne, près de la Sardaigne 1882). Il entra dans la marine sarde mais fut contraint de s’exiler à cause de ses sympathies pour l’action de Mazzini. En Amérique du Sud, il prit part à une insurrection au Brésil et combattit pour l’Uruguay. Revenu en Italie au moment de l’insurrection de 1848, il remporta deux victoires sur les Napolitains, à Palestrina et à Velletri, en mai 1849. Il fut de nouveau contraint de s’exiler en Amérique. De retour en Italie en 1854, il se rallia à la maison de Piémont et à Cavour. En 1859, à la tête d’un corps d’armée de 5 000 chasseurs qu’il avait levé lui-même, il vainquit les Autrichiens à Varèse et à Brescia, en Lombardie. L’année suivante, il débarqua en Sicile avec les Mille (Les « Chemises rouges » de Garibaldi ) et s’empara de l’île après ses victoires sur les Napolitains à Marsala, Calatafimi et Milazzo. Puis il rejoignit à Naples les armées piémontaises. Élu député, il fut indigné par la cession à la France de Nice, sa ville natale, et ne tarda pas à entrer en conflit avec Cavour. Avec ses Chemises rouges, il fut défait par les troupes piémontaises de Victor-Emmanuel II à Aspromonte, à la pointe de la Calabre, le 29 août 1862 ; blessé, il fut fait prisonnier. En 1867, les 4 et 5 novembre, il perdit la bataille de Mentana, dans le Latium, contre les troupes franco-pontificales commandées par le général de Failly ; cette bataille, au cours de laquelle l’infanterie française utilisa son nouveau fusil, le chassepot, eut pour effet de retarder de quatre ans la prise de Rome. Garibaldi se retira dans l’île de Caprera. Il devait encore prendre part à la guerre franco-allemande de 1870 dans les rangs français. Il fut élu député par quatre départements français. Élu à Rome en 1875, il se vit gratifier d’une rente nationale. Il a laissé des Mémoires : Memorie autobiografiche (1888).

Iconographie : on a élevé à Garibaldi de nombreux monuments en Italie et en France (à Nice, Dijon, Paris).

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cl.merle@free.fr (Claude Merle) Les soldats Thu, 02 May 2013 14:06:04 +0200